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Quand les humoristes s’internationalisent

Stephanie Dezorthes – membre EtoileCasting

Dans une réflexion sur l’humour, l’humoriste québécois Daniel Gagnon donne son point de vue sur le rire et ses évolutions. Comment faire sa place parmi le nombre grandissant d’humoristes présents sur la toile ? Comment passer de la rédaction de blagues à celle d’un spectacle ? Comment fédérer un public qui vient vous voir sur scène ? Autant de questions qui laissent à penser que le rire est bien en train de changer et que la nouvelle génération d’humoristes francophones n’a pas fini de vous surprendre !

Le rire s’internationalise et dépasse les frontières : la toile démocratise le rire et le rend accessible à tous, partout dans le monde. La place grandissante des humoristes québécois en France en est par ailleurs un bel exemple.

Daniel Gagnon en quelques mots

Né dans un petit village du Québec en 1983, Daniel Gagnon a écrit ses premières blagues à l’âge de 15 ans. Ce n’est que 12 ans plus tard qu’il osera monter sur scène pour la première fois. « A qui sait attendre tout vient à point » car cette initiative s’avère être un succès. Il est désormais installé en Belgique depuis 8 ans, pays pour lequel il a eu un véritable coup de cœur. Il s’est lancé comme défi de remplir la célèbre salle du Cirque Royal à Bruxelles en 50 jours (pari remporté haut la main), et jouait en 2013 « L’Excellent Spectacle de Dan Gagnon » devant une salle remplie à craquer !

D’après Daniel Gagnon « 2014 sera l’année où, en Europe, on verra un changement en humour. » Il s’agirait pour lui d’une année où l’on va commencer à voir plus d’humoristes qui font des spectacles et moins d’humoristes qui font des blagues. Un point de vue optimiste mais intéressant.

L’humour a changé – 2014 offre de nouvelles perspectives

L’offre et la demande

« L’offre a changé et l’offre est partout. Un humoriste aujourd’hui n’est plus en compétition avec les autres humoristes de sa région, de sa province ou de son pays. Il produit du rire. Donc il est en compétition avec tout ce qui produit du rire. Tout ce qui est drôle et se trouve sur la toile : films, séries télévisées, vidéos Youtube, Twitter etc. »

La demande a changé et le public qui demande a aussi changé. Pour comprendre de quelle façon, il suffit de se poser quelque questions simples : qui est dans la salle pour les festivals du rire ? Et pour les concours d’humour ? Quelle est la moyenne d’âge de ces gens ? Combien parmi eux maîtrisent l’anglais ? On ne vous apprendra rien en vous disant que ce sont des gens plus vieux qui, en moyenne, maîtrisent moins l’anglais que la nouvelle génération – grande consommatrice de VO, ou Vostfr. La culture humoristique a donc changé et s’internationalise. On assiste à l’éclosion d’un nouveau style.

=> Découvrez le site internet de Daniel Gagnon 

Le public et l’importance du live

Le public est sur Internet parce qu’il ne veut pas payer  20, 30 ou 40 euros pour aller rire ailleurs quand il peut le faire gratuitement à la maison. Mais il est important que ce public sache que de très bon humoristes se produisent près de chez lui et qu’il peut aller les voir en live. « Les entendre, dans sa langue, être drôle sur des trucs qui sont proches de lui. » Car le live touche au domaine de l’affect.

« A moins d’être une machine qui fait rire 100% du temps, (et il y en a) tu ne peux pas te passer de l’affect. » L’affect, c’est cette énergie qui fédère un public qui lui-même sera conquit par une prestation scénique qu’il pourra vivre et ressentir. Le live c’est aussi cette puissance du rire communicatif et libérateur. « Générer de l’affect, ça veut juste dire, arriver à générer une émotion assez forte. Créer un lien. »

Finalement, « Le vrai danger, ce n’est pas de se faire détester. Le danger, c’est d’avoir 1 million de personnes qui te trouvent drôle, mais qui ne vont jamais voir tes spectacles. Mieux vaut en avoir le quart, mais qui se déplacent. (Tout ça étant une question d’affect.) Comment générer cet affect ? Et là, on revient au point de départ : En écrivant des spectacles au lieu d’écrire des blagues. Autrement dit, être drôle n’est pas suffisant. Être drôle, c’est comme être beau. C’est une bonne base, mais ça ne fait pas tout. »

=> Découvrez Daniel Gagnon en live !

Le rire s’internationalise et traverse les frontières

Quand les humoristes québécois s’imposent en France

Anthony Kavanagh, Véronic Dicaire, Louis José Houde… Nombreux sont les humoristes québécois qui cherchent à conquérir le public français, et le public français semble les adopter !

Anthony Kavanagh, installé depuis plus de dix ans en France en est l’illustre exemple: le Québec recèle de talentueux humoristes au succès durable et à la carrière bien remplie. Ses spectacles ont très bien marché en France et il s’est même vu confier l’animation des NRJ Music Awards.

Moins connus médiatiquement, mais tout aussi efficace sur scène, on peut compter Véronic DiCaire ou Fred Pellerin qui peuvent se vanter d’avoir comblé les mythiques salles de l’Olympia et de la Cigale. En bref, pléthore d’artistes venus d’outre-Atlantique s’imposent de la plus simple des façons au public français, pas toujours réputé pour sa facilité d’accès.

Louis José Houde

L’humoriste Louis José Houde


Louis-José Houde est également sans conteste l’un des humoristes francophones les plus marquants de sa génération. Véritable bête de scène, il s’est taillé une place de choix dans le cœur du public québécois grâce à son talent, sa polyvalence et son charisme. Il tend désormais à se faire une place en France, bien que la différence culturelle et l’accent ne soit pas toujours évidente.

=> Retrouvez notre interview de Louis José Houde

 

Mais pourquoi ces artistes quittent-ils leur terre natale?

Malgré le fait que le Québec soit un territoire trois supérieur à celui de la France, il compte environ 8 millions d’habitants contre plus de 65 million dans l’Hexagone ! Les artistes québécois en vogue se doivent de conquérir rapidement un public plus large, composé de francophones. Il n’est donc pas rare de voir des dizaines de comiques arpenter les théâtres belges, français et suisses, à coup de sketchs délirants et culturellement différents de ceux proposés par nos propres artistes. Aujourd’hui lorsque l’on connait le succès du Festival Juste Pour Rire, référence mondiale en terme de festival d’humour, nul doute que la scène québécoise a encore de belles et longues années devant elle.

Découvrez aussi nos articles :

=> « Devenir humoristes : les différentes étapes »

=> « Devenir comédien : les différentes étapes »

=> Retrouvez l’interview et les conseils de l’humoriste Donel Jack’sman

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Caroline Stalder pour EtoileCasting

Source : Facebook de Daniel Gagnon >> https://www.facebook.com/notes/daniel-gagnon/une-r%C3%A9flexion-sur-lhumour/10151843899320233

 

Les conseils de Sébastien Vienne pour devenir mannequin

Sébastien Vienne, directeur artistique et la chanteuse Shy'm

Sébastien Vienne, directeur artistique et la chanteuse Shy’m

EtoileCasting a rencontré pour vous Sébastien Vienne, directeur artistique dans la mode et collaborateur de Greg Alexander, photographe de mode en France et aux Etats-Unis. Que vous souhaitiez vous lancer dans le mannequinat ou que vous aimiez simplement la mode, Sébastien Vienne vous fait part de son expérience et de ses conseils avisés. Les agences, les castings, ou encore les shooting photos n’auront plus de secret pour vous !

Le parcours de Sébastien Vienne, directeur artistique à l’international

Le parcours de Sébastien Vienne est atypique. Il commence sa carrière aux Etats-Unis en tant que chargé de publicité, poste qu’il occupe pendant une dizaine d’années. Lors de sa rencontre avec Greg Alexander, il décide de le suivre dans le domaine de la photographie de mode.C’est alors un talentueux duo qui prend forme. Difficile de faire aussi opposés que ces hommes-là, pourtant leurs créations sont à couper le souffle.  En 2010, la maison de disque de la chanteuse Shy’m fait appel à Greg Alexander et Sebastien Vienne pour un relooking complet. Elle sera notamment habillée par les créateurs qui travaillent pour Jennyfer Lopez ou encore Lady Gaga ! Actuellement, Sebastien Vienne et Greg Alexander nous en mettent plein les yeux, avec la sortie de leur tout nouveau magazine intitulé « FSHN ».

Magazine FSHN

Magazine FSHN de Sébastien Vienne et Greg Alexander

EtoileCasting : Qu’est ce qu’on bon mannequin de mode pour vous ?

Sébastien Vienne : Je pense qu’un bon mannequin, que ce soit un homme ou une femme, se définit par ce qu’il ou elle a dans la tête (outre son physique, bien évidemment). En fait, si vous souhaitez devenir mannequin, vous devez avoir au préalable une connaissance du milieu, c’est normal,  c’est une question de culture. Je suis toujours sidéré par ces jeunes qui veulent devenir mannequin pour des défilés mais ne connaissent en réalité rien à la mode ! La moindre des choses, c’est de se renseigner sur le monde dans lequel on veut évoluer. Il est donc important de lire sur le sujet et de pouvoir s’ouvrir sur la question : lisez des magazines de mode, sachez quels sont les grands et moins grands créateurs, regardez Fashion TV…

EtoileCasting : Quelles sont les capacités physiques nécessaires pour se lancer ?

Sébastien Vienne : Il est ici important de faire la distinction entre mannequin haute couture et mannequin pour la publicité par exemple (en réalité appelés comédiens).

La haute couture répond à des mensurations physiques très strictes. Les filles doivent faire 1,75 m minimum avec une taille 34, et les garçons 1,85 m avec une taille 38. Des traits fins et réguliers sont également attendus, et la musculature doit être dessinée pour les hommes. Démarrer jeune est un sérieux atout, sachant que l’âge minimum pour défiler est en général de 16 ans.

Pour la publicité, les règles sont plus souples. On ne parle alors plus de mannequins mais de COMÉDIENS. Les mannequins ne portent cette dénomination que pour les défilés. Les comédiennes, qui peuvent par exemple prétendre à poser pour des publicités peuvent être moins grandes : environ 1.70 m et 1.80 m pour les comédiens. Au niveau de l’âge, c’est aussi plus flexible : vous pouvez prétendre à faire de la publicité à 24 ans, mais pour du mannequinat, ce sera trop tard !

Il faut bien comprendre qu’il existe des agences spécialisées dans la mode, d’autres dans la comédie, et d’autres enfin qui proposent les deux types de prestations.

EtoileCasting : Quels sont les étapes à suivre pour un mannequin (de haute couture) débutant(e) selon vous ?

Sébastien Vienne : Je dirais qu’il y a trois étapes nécessaires :

1) Passé le stade des critères, la première chose est d’avoir un book photo.

L’importance de l’image est primordiale, et il faut savoir se démarquer. Vous devez donc choisir les bonnes personnes pour faire votre book, j’entends par là un bon photographe. Je tiens par ailleurs à préciser qu’Instagram n’est ni une agence de mannequins, ni un book et encore moins synonyme de photos de qualités ! Il faut bien que vous compreniez que le fait d’arriver sans photos professionnelles est une des raisons les plus courante de refus, car les agences sont actuellement submergées de candidatures. Elles élimineront donc systématiquement les personnes qui ne disposent pas de photos, ou qui ont des photos personnelles, ou de mauvaise qualité. Les photos professionnelles sont l’équivalent de votre CV dans ce milieu. Qui vous donnerait du travail si vous arrivez sans CV ?!

2) La seconde étape pour devenir mannequin de mode, c’est de se trouver une agence !

Vos photos sous le bras, vous voilà prêt à démarcher les agences. Pour postuler, il faut se déplacer physiquement dans l’agence, sans prendre de rendez-vous préalable. Assurez-vous d’abord que vous correspondez au profil, puis faites plusieurs, voire toutes les agences parisiennes. Habituez-vous aux refus, car cela fait partie du métier. Ce refus, d’ailleurs, n’est pas motivé que par votre profil ! Bien souvent, ne pas habiter à Paris peut par exemple poser problème à votre entrée en agence et conduire à un refus de la part des agences parisiennes… Attention cependant avec le porte à porte : il faut le faire à la seule condition d’être crédible. Pour savoir si vous l’êtes, comparez vos photos à celles des magazines de mode. Est-ce qu’elles se ressemblent ? Est-ce que je peux prétendre à cela ? Si ce n’est pas le cas, c’est que vous n’êtes pas prêt. Bien sur, vous n’avez pas l’expérience de ces grands mannequins, mais personne de vous prendra au sérieux avec un book banal voire trop amateur ! En revanche, si vos photos ressemblent à celles des grands magazines de mode, vous avez de fortes chances d’être dans la bonne direction. D’autre part, lorsque je parle d’investissement, je parle aussi de la nécessité d’avoir une équipe derrière vous pour réaliser votre maquillage, vos coiffures et réaliser le choix de vos tenues. Sachez que ces services sont compris dans le prix du book photo que les photographes de mode proposent.

Bons plans book photos EtoileCasting

Bons plans book photos EtoileCasting

=> Retrouvez tous nos bons plans book photo !

3) La troisième étape pour devenir mannequin repose entièrement sur vous. Il s’agit de votre sérieux et de votre professionnalisme.

Une fois recruté par une ou plusieurs agence, il est essentiel d’être toujours ponctuel, d’aller à tous castings, de vous montrer à l’agence et voir s’il y a du travail. Cela permettra de bâtir petit à petit votre réputation qui se fera sur les retours des clients et vos bonnes relations avec l’agence. Au début, vous devrez acceptez de travailler dur sans pour autant gagner très bien votre vie. Mais si vous êtes talentueux et professionnel, vous finirez par faire la couverture des magazines de mode, et là, toutes les portes s’ouvriront devant vous … Tout est finalement une histoires de bons choix à faire. Votre attitude est capitale dans votre réussite : courir les castings, être à l’heure, ne pas prendre la grosse tête, comprendre ce qu’on attend de vous, comprendre comment fonctionne ce métier : il y a de la place pour tout le monde, votre problème, c’est de savoir quelle est la vôtre… c’est le métier qui vous choisit, pas le contraire.

EtoileCasting : Merci pour ces précieux conseils. Auriez-vous des mises en garde spécifiques à adresser aux mannequins débutants ?

Sébastien Vienne : Faîtes attention aux arnaques. On reconnaît une vraie agence de mannequins ou de comédiens au fait qu’elle ne doit faire payer aucun droits d’entrée !

Le second conseil que je pourrais donner serait celui-ci : faites attention à vos relations. Il faut bien choisir avec quel photographe vous allez travailler. Pour moi, la première chose, c’est de voir ce que fait la personne qui me contacte. Si cette personne n’a pas de site, ce n’est pas possible. Préférez aussi la qualité à la quantité. Il faut mieux n’avoir que 3 photos mais superbes, que 10 mais ratées ! Je pense que 90% d’une réussite est basée sur le choix de ses relations. Les 10 % restant tiennent à la chance, le talent, et bien sur au physique. Enfin, attention à la nudité, elle ne fait pas bon ménage avec la haute couture … ! Il s’agit d’une porte qu’il faut éviter d’ouvrir.

=> N’hésitez pas à consulter nos bons plans book photos sur EtoileCasting

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Caroline Stalder pour EtoileCasting